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Parution décembre 2013 :
livre de C.Touzet aux éditions la Machotte
- Editions la Machotte
- ISBN : 978-2-919411-02-3
- 166 pages
- Prix public : 22,00 € (Acheter)
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3. La conscience est une illusion (du livre Hypnose, sommeil, placebo ?", C. Touzet, 2013)


Les sciences cognitives estiment que la conscience est un processus cognitif parmi d'autres. D'ailleurs, depuis une quinzaine d'années, il est possible de trouver des financements publics pour des recherches faisant explicitement référence à la conscience – plus récemment en France. La question se pose cependant de savoir ce que sont les processus cognitifs, comment ils sont mis en œuvre par les neurones, comment ils se démarquent d'autres concepts classiques en sciences cognitives comme les mémoires, les représentations, les émotions, l'attention, etc. Les définitions présentées ici sont en adéquation avec les propositions de la TnC (ce qui sous-entend qu'elles ne sont pas pour l'heure acceptées telles quelles).

Quelle est la différence entre mémoires autobiographique et culturelle ?

La modification des synapses est un acte de mémorisation, donc la mémoire est partout où il y a des synapses modifiables. Si l'on s'en tient à la loi de Hebb, tout événement induit une mémorisation (puisqu'il induit une activation), qu'il soit « nouveau » ou « répétitif ». S'il est nouveau, il a eu lieu à une date et un lieu précis, qui sont des index supplémentaires ajoutés au contenu mémorisé. S'il est répétitif, alors les deux index supplémentaires (date et lieu) viennent en opposition (au minimum pour la date) des souvenirs précédents (relatifs à cet événement). De fait, la mémorisation répétée tend à effacer la trace liée à la date et au lieu, puisqu'elle n'est pas cohérente avec le contenu. Tout événement est donc – la première fois – un souvenir autobiographique, avant de devenir un souvenir culturel si l'évènement se répète. La mémoire culturelle est donc constituée des souvenirs autobiographiques qui nous sont arrivés plusieurs fois. Elle n'est pas localisée en un endroit différent. Les « endroits différents » du cerveau entre mémoires autobiographique et culturelle sont donc ceux codant pour les index spatiaux et temporels des événements. Bien entendu, ce n'est pas l'événement qui définit sa nature « autobiographique » ou « culturelle », mais sa répétition, ou non, dans le vécu de l'individu. Une chose est culturelle pour moi, qui peut être autobiographique pour vous, et inversement.

Quelles sont les spécificités de la mémoire procédurale ?

La mémoire procédurale est la capacité à apprendre à réaliser des gestes automatiquement – comme conduire après les 100 000 premiers kilomètres. Au début, ce sont bien les hauts niveaux d'abstraction qui sont impliqués pour interpréter la scène et définir les actions (tourner le volant, accélérer, etc.), puis avec la grande répétition d'une situation (ou séquence de situations) des raccourcis neuronaux se mettent en place qui évitent d'impliquer les représentations de haut niveau (i.e., corticales), permettant de gagner en rapidité. Cependant, cette automatisation s'accompagne évidemment d'une perte de la capacité de contrôle. C'est pour ça qu'il est pratiquement impossible de corriger consciemment un automatisme (par exemple un « mauvais » geste au tennis). Cela ne peut se faire qu'avec la répétition.

Qu'est-ce qu'une représentation ?

Les événements qui appartiennent à la même famille (à la même classe) ont par définition des ressemblances. Ils activent des réseaux neuronaux proches (voisins), et construisent des « représentations ». Chaque représentation est une topie, et occupe une surface corticale baptisée « carte corticale ». Les cartes de bas niveau d'abstraction (constitutives du cortex primaire) avant des cartes de niveau supérieur (constitutives du cortex secondaire) qui représentent des informations issues d'une ou plusieurs cartes du cortex primaire. Les cartes de niveaux plus élevés forment le cortex associatif et sont les dernières à s'organiser. De ce point de vue, les capacités cognitives (on pourrait aussi dire les capacités d'abstraction) de l'individu – comme le langage par exemple – sont directement dépendantes de l'organisation de ces cartes, laquelle dépend du nombre d'événements vécus.

Qu'est-ce qu'un processus cognitif ?

Ce que nous appelons les processus cognitifs, correspond à la mise en jeu des représentations entre elles :

  • La mémoire est la simple « relaxation » (au sens de la Physique) du système vis-à-vis d'une information présente en entrée.

  • L'inhibition est le contrôle de l'activation d'une connectivité normale entre deux cartes, afin de faire disparaître la réponse la plus « naturelle » (de fait la plus rapide).

  • Les fonctions exécutives consistent en la supervision de activations inter-cartes pour respecter :

  • soit des contraintes d'usage dans le cas de ce que nous appelons le contrôle attentionnel,

  • soit des contraintes de résultats lors de nos activités de planification.

Qu'est-ce que l'attention ?

Nos capacités d'attention se manifestent dès lors que nos performances sont meilleures que d'habitude. Nous sommes plus rapides à comprendre, plus rapides à démarrer lorsque le feu devient vert, etc. Pour être plus rapide, il suffit que les neurones qui traitent l'information à cet instant soient plus rapides à déclencher. C'est le cas s'ils ont été pré-activés. Cette pré-activation est automatique dès lors qu'une activation de haut niveau a été faite. Je dis « éléphant rose » et vous ne pouvez faire autrement que de « voir » cet éléphant (grâce aux connexions descendantes depuis les hauts niveaux d'abstraction vers les cortex secondaires et primaires). Si un éléphant devait se matérialiser à cet instant, il serait reconnu plus vite que si vous n'étiez pas prévenu. Cette attention est appelée attention endogène (elle vient de vous). Il existe un second type d'attention, baptisée exogène (elle vous est imposée du dehors). Elle découle du fait que quelque chose de nouveau (dans le contexte actuel) parviendra à votre conscience, tandis que des choses plus « normales » dans le contexte n'y parviendront pas, ou pas aussi vite. L'habituel et le normal induisent des prévisions exactes à chaque étage, court-circuitant ainsi l'accès aux hauts niveaux d'abstraction.

Qu'en est-il des émotions ?

Les émotions – en particulier négatives comme la peur, l'angoisse, ou l'anxiété – impliquent une région supplémentaire du cerveau que l'on a baptisée amygdale (parce qu'elle ressemble à une amande). En fait, il y a deux amygdales (droite et gauche), comme il y a deux hémisphères corticaux ou deux jambes... L'amygdale code les valences des situations négatives ou dangereuses. C'est la seule autre région du cerveau dont l'organisation neuronale en carte rappelle celle du cortex. Cette représentation sous forme de topie impose l'existence d'un continuum de représentation, depuis des situations à peine inquiétantes, jusqu'à des situations extrêmement anxiogènes, en passant par toutes les valeurs intermédiaires. Quelle que soit votre vie, vos peurs, du fait de l'existence de cette cartographie, vous êtes sujet à de petites et de grandes peurs (à moins que votre amygdale ne soit endommagée, ce qui n'est pas souhaitable). L'amygdale joue le rôle d'un petit cortex, capable d'analyser les informations sensorielles et d'agir sur nos muscles. Cette description laisse entendre que l'amygdale fait double emploi avec le cortex, ce n'est pas le cas car l'amygdale (bien plus petite) est plus rapide à traiter l'information. Elle peut prendre une décision d'évitement, ou de rejet, avant même que le cortex n'ait commencé l'analyse. Le sursaut que l'on manifeste à la vue soudaine d'une forme sombre et allongée dans l'herbe est dû à l'amygdale, et c'est le cortex qui finalement nous renseigne sur ce dont il s'agit réellement (bout de bois ou vipère). La protection de l'individu par le traitement simplifié, mais ultra-rapide de la situation, constitue un avantage adaptatif important.

Les connexions réciproques entre cortex et amygdale garantissent que toute activation corticale (par exemple une situation imaginée et non vécue) pourra être associée à une activation de l'amygdale, et donc à une valence émotionnelle. Il nous est ainsi possible de compléter les craintes génétiquement prédéterminées, avec de nouvelles craintes liées à notre histoire personnelle. C'est très utile dans le cas de la conduite automobile où nous nous surprenons parfois à freiner avant même de savoir pourquoi, où à conduire plus prudemment sans avoir encore réussi à identifié le danger. Les phobies impliquant peur et angoisse se mettent en place de la même manière.

L'effet de bord de cette connexion avec le cortex est que toute activité corticale va questionner l'amygdale et sera de facto associée à un niveau de peur (qui peut être très faible et induire donc des effets indétectables). Nos émotions seraient donc un effet de bord d'un mécanisme de traitement ultra-rapide des situations, destiné à nous permettre de gérer quasi-immédiatement les situations potentiellement dangereuses.

En résumé, une émotion est donc l'implication de l'amygdale, à l'insu du cortex, induisant une libération d'adrénaline et de glucocorticoïdes, lesquels agissent notamment sur la régulation de la tension artérielle, et la mémorisation (en la facilitant). Cette action sur la tension nous place automatiquement dans un état anormal, que nous avons appris à reconnaître et à nommer : nous sommes « émus ».

Parfois, nous sommes émus « jusqu'aux larmes ». Je vous recommande de les laisser couler. En effet, les larmes sont le moyen le plus rapide pour évacuer un certain nombre de substances nocives présentes dans le cerveau à cet instant, notamment des oxydants. Ces oxydants sont le résultat du passage en mode « turbo » du cerveau (grâce à l'adrénaline et au cortisol). Les neurones fonctionnent beaucoup plus rapidement, au détriment des réserves de sucre. Lorsque celles-ci sont épuisées (quelques instants suffisent), alors les oxydants apparaissent, dont il faut se débarrasser...

Quel lien entre émotion et attention ?

Par définition, émotion et attention impliquent des situations nouvelles : difficile de rester ému par son quotidien, et d'y rester attentif. Je pense que tous les aspects nouveaux d'une situation induisent de l'attention. Bien évidemment, nous sommes tous uniques de par notre vécu, et donc notre attention et notre émotivité sont toutes aussi uniques.

Qu'est-ce que la conscience ?

C'est le processus cognitif que nous permet de dire « je », de parler de nous, de sentir notre corps nous appartenir. Ce processus implique donc de nombreuses représentations, notamment celles impliquées dans le langage et celles liées au corps.

De nombreuses études actuelles ciblant la conscience en psychologie expérimentale utilisent comme paradigme expérimental des tâches de masquage/démasquage. Il s'agit d'étudier les limites de la « conscience » : je vous montre quelque chose pendant un instant si bref que vous dites ne rien avoir vu, puis je vous demande de dire un mot au hasard, et vous me dites ce que je vous ai montré ! Prenant le parti pris de croire que vous n'avez pas volontairement menti, nous en déduisons que vous l'avez vu, mais n'en avez pas conscience. S'en suivent de multiples expériences pour évaluer les durées de présentation, la nature des images, etc. De longues années de recherche en perspective, mais avec quel résultat ? Ce programme de recherche fait l'hypothèse implicite (et donc non explicite) que la conscience existe, que c'est un mécanisme dont on peut cerner les limites. La TnC clame que c'est une erreur. Il y a bien des mécanismes impliqués dans le langage et la perception du corps, mais tous les processus, tous les neurones sont impliqués. Bien évidemment pas tous à la fois et pas tous en même temps, cela dépend de la situation. L'illusion de ce paradigme de recherche est de croire que parce qu'une situation précise et reproductible (une condition sine qua non pour la science) a été spécifiée, alors ce qui sera actif sera LA conscience. Ce ne sera que ce qui est actif dans ladite situation – rien de plus, rien de moins.

Il nous faut admettre que la conscience s'exprime par des mots, qu'ils soient dits ou simplement pensés. Ces mots réfèrent à des situations vécues, imaginées ou ressenties. Si nous n'avons pas les mots, nous n'avons pas conscience. Comment sont acquis les mots ? Par l'apprentissage auprès de nos parents, camarades de classe, etc. Nous sommes mis en situation (par exemple on nous montre une photo de cheval), le mot est prononcé et on attend de vous que vous le répétiez par imitation, quitte à « amorcer » (che-). Bref, il s'agit d'acquérir le réflexe de dénommer automatiquement les choses, et d'arranger toutes listes de dénomination en phrases qui se doivent de respecter un minimum de grammaire (sinon l'autre ne comprend pas et nous demande de répéter jusqu'à ce que nous acceptions de mettre la bonne syntaxe). En conclusion, la conscience est – à mon avis – une simple verbalisation automatique, qui peut être audible pour mon entourage (auquel cas il ne doute pas de ma capacité à être conscient), ou réservée à mon usage personnel (auquel cas il s'agit d'un discours intérieur qui me permet d'être à mon écoute, de savoir ce que je pense, en trois mots : de savoir que j'existe).

Qu'est-ce que l'inconscient ?

Certains brandissent l'inconscient comme la preuve de l'existence de la conscience. D'après leur définition, l'inconscient est « l’ensemble des processus et des phénomènes psychiques (pulsions, désirs refoulés) qui échappent et déterminent la conscience ». L’inconscient est l'hypothèse fondatrice de la psychanalyse, qui n’aurait pas lieu d’être sans lui. Détruire l’hypothèse de l’inconscient psychanalytique, et la psychanalyse s’effondre. On comprend mieux l'intérêt du statu quo actuel conscient/inconscient, et les pressions auxquelles sont soumis les différents acteurs, à commencer par le Ministre de la Santé qui dû enterrer un rapport1 demandé à l'INSERM (93 experts pendant 2 ans) par son prédécesseur et qui démontrait que les thérapies psychanalytiques n'avaient pas plus d'effet que des thérapies placebo pour la prise en charge de la dépression notamment. Attention, l'effet placebo est très utile et très efficace (cf. ch. 11), mais s'obtient sans que l'expérimentateur ne soit formé à une quelconque théorie psychanalytique...

Pourquoi l'inconscient a-t-il mauvaise presse ?

L'inconscient est considéré comme une partie de nous-mêmes construite par nos expériences passées – surtout durant notre jeunesse – qui influence nos décisions. Freud, Lacan et de nombreux autres ont cru trouver dans l'inconscient une bonne partie de ce que nous sommes. On leur doit la croyance aujourd'hui fort répandue que nos actions ne sont pas uniquement, et/ou pas toujours, le fruit d'une réflexion logique. Par définition, ce qui échappe à notre conscience (i.e., l'inconscient) est considéré comme en dehors de notre libre-arbitre. Nous sommes donc censés nous comporter comme des « robots » ou des « zombies » dès lors que notre inconscient est aux commandes (notamment lors des rêves).

Toute notre éducation occidentale vise à nous permettre d'éviter le plus possible cette perte de contrôle : il faut rester maître de soi, logique, impartial, efficace. Comme par hasard, l'inconscient est associé à des notions que nous réprouvons : désirs incestueux, fantasmes plus ou moins violents, sexe, etc. Freud a bâti sa réputation en ramenant tous les comportements et toutes les pathologies mentales au « sexe ». Dans le contexte de la première moitié du XXème siècle, cette mise en avant du sexe choque une société pudibonde – et garantit l'attrait du public. Aujourd'hui (2013), les mœurs ont évolué, mais le sexe reste toujours vendeur. Par contre, les thèses freudiennes ont perdu beaucoup de leur attrait. Si Freud ne s'est pas trompé, alors le contenu de l'inconscient doit juste être mis à jour pour tenir compte de l'évolution de la société.

S'il nous fallait choisir entre conscience et inconscient ?

L'inconscient est construit tout au long du développement de l'individu puisqu'on a pu montrer que le cerveau est capable d'emmagasiner des souvenirs depuis le stade intra-utérin jusqu'aux derniers âges de la vie (troisième âge, quatrième âge, etc.). Nous nous accordons tous sur une influence considérable de la télévision sur notre inconscient – influence efficace comme en témoigne l'augmentation permanente des budgets publicitaires. Nous sommes prêts à admettre que notre vécu intervient souvent dans nos décisions, mais pas toujours. Il y a des moments ou nous sommes logiques, raisonnables, étanches aux sirènes de la publicité : pleinement conscients. A ces moments, nous décidons uniquement en fonction de nos motivations personnelles (qui nous définissent). Nous sommes alors persuadés que notre inconscient n'intervient pas. La réalité est inverse : c'est toujours notre inconscient qui est aux commandes et – de temps à autres – parce que nous verbalisons la situation alors nous croyons être conscient. La conscience est une illusion et nous sommes toujours « inconscient ».

Conclusion

La conscience est un domaine de recherche officiellement reconnu depuis les années 1990, mais l'argumentaire de ceux qui travaillent dans ce domaine vis-à-vis de l'existence même de la conscience se résume à : elle existe certainement car nous la vivons/ressentons tous ! Un argument similaire à celui utilisé par nos ancêtres qui, d'après leur expérience personnelle, partagée par tous leurs concitoyens, étaient persuadés que la Terre était plate. La Théorie neuronale de la Cognition explique comment les neurones du cortex s'organisent pour que nous montrions des comportements complexes tels que l'amour, la lecture, la parole, les interactions sociales, l'humour, la motivation, l'attention, la dépression, etc. Ces comportements sont obtenus sans que nos neurones ne tiennent compte d'autre chose que de notre vécu. De fait, la conscience est une illusion, et notre inconscient – la cristallisation de notre vécu – est toujours aux commandes. Comme nos expériences vécues évoluent avec la société, l'inconscient se définit différemment selon les sociétés, les époques, des niveaux sociaux-culturels, les familles, etc. Il est donc inutile d'aller rechercher dans des écrits de Freud datant de plus de cent ans l'interprétation de nos rêves actuels.

Que sait-on de l'inconscient ?

L’inconscient fonctionne avec ses propres mécanismes :

  1. la condensation (ex : lapsus) ;

  2. le refoulement (des désirs, des pulsions…) ;

  3. le déplacement (l’importance est donnée à un détail afin d’occulter l’élément réellement important) ;

  4. le compromis (ex : l’acte manqué).

D'après les spécialistes de l'inconscient, les productions mentales sont maintenues hors de notre conscience par la censure qui prend son origine dans notre éducation, les valeurs transmises par la société, notre expérience. Ces idées refoulées peuvent se manifester à travers des réactions non maîtrisées, comme le lapsus, voire engendrer des maladies mentales, comme les psychoses ou les névroses.

Comment expliquer avec la TnC les « mécanismes » de l'inconscient ?

Lapsus : employer un mot à la place d'un autre, sachant que le mot employé est révélateur... Rien dans le traitement cortical ne garantit qu'une situation n'engendre qu'une réponse. Au contraire, si l'on prend son temps – c'est-à-dire si on n'arrête pas le traitement de la situation actuelle dès la première réponse (en tournant par exemple sept fois sa langue dans la bouche) alors un second, puis un troisième résultat, etc., deviennent disponibles. L'ordre d'arrivée dépend de leur « empreinte » sur le cortex, donc du vécu de l'individu. Lorsque vous énoncez le résultat n°2 alors que vous êtes « conscient » du n°1, vous faites un lapsus.

Refoulement : ne pas laisser (consciemment) s'exprimer des désirs ou des pulsions qui pourtant sont là et vont donc perturber les comportements.

Déplacement : l'intérêt, l'intensité d'une représentation est susceptible de se détacher de la représentation pour passer à d'autres représentations originellement peu intenses, reliées à la première par une chaîne associative. 

Acte manqué : un lapsus impliquant non des mots, mais un comportement. Ce n'est en rien différent, puisque nous savons que les comportements sont définis par des buts, il suffit que le but effectivement spécifié (et donc réalisé) ne soit pas celui verbalisé (conscientisé).

1Psychothérapies : trois approches évaluées, rapport INSERM, 2004 (553 pages)


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