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Parution décembre 2013 :
livre de C.Touzet aux éditions la Machotte
- Editions la Machotte
- ISBN : 978-2-919411-02-3
- 166 pages
- Prix public : 22,00 € (Acheter)
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IV. Une mémoire dans un univers quantique (du livre Hypnose, sommeil, placebo ?", C. Touzet, 2013)


A l'échelle quantique, celle des atomes et de leurs composants, le monde ne se comporte absolument pas de manière habituelle. Par exemple, les photons sont à la fois une onde et un corpuscule. Autre chose, la transmission d'information est instantanée quelque soit la distance, la limite de la vitesse de la lumière n'existe plus. Avant l'observation, il est impossible de connaître l'état d'une particule. C'est à l'instant de l'observation que se produit la réduction d'ondes qui attribue un état à la particule. Il est impossible de connaître à la fois la position et la vitesse d'une particule (principe d'incertitude de Heisenberg). Le temps à l'échelle quantique n'existe plus, impossible de savoir dans quel sens se déroulent les événements – et les choses sont réversibles. En résumé, à l'échelle quantique, le monde est indéterminé, et c'est l'observation qui fait disparaître l'indéterminisme, bref qui détermine l'état de ce qui est observé.

Une mémoire qui reçoit des informations est – par définition – un observateur, capable d'avoir un a priori sur ce qui va être observé, et capable de reconnaître ce qui est, et de s'en souvenir. Nous sommes une mémoire, comment interagissons-nous avec l'infiniment petit ? Certaines interactions à l'échelle quantique peuvent-elles avoir un effet à notre échelle (macroscopique) et inversement ? Ce sont des questions que nous allons aborder, en nous intéressant à des travaux scientifiques en psychologie, aux barreurs de feu et à l'action de la foi.

L'univers est-il non-déterministe ?

P. Guillemant a apporté des arguments très forts à l'appui de l'hypothèse que notre univers n'est pas déterministe1. Il utilise pour ce faire un modèle – des boules de billard qui se heurtent – et démontre qu'à partir d'un certain nombre de boules, la quantité de mémoire nécessaire pour stocker les conditions initiales du billard devient supérieure à la quantité de mémoire nécessaire pour stocker les coordonnées calculées de toutes les boules durant le laps de temps où il reste déterministe. Il en déduit que « le modèle [l'univers] a besoin de plus d'informations qu'il ne permet d'en calculer [pour rester déterministe] ». C'est « le paradoxe du déterminisme » (corollaire).

Introduction aux phénomènes psi

Princeton est un haut lieu de la recherche scientifique mondiale. A quelques dizaines de kilomètres de la ville de New York (USA), on y trouve l'université qui abrita Einstein entre 1933 et son décès (1955), et qui compte aujourd'hui onze prix Nobel en activité dans ses murs. En 1979 y fut fondé le PEAR Lab (Princeton Engineering Anomalies Research Laboratory), dans le but d'explorer ce que l'on a pris l'habitude de résumer par les « phénomènes psi ».

Les humains et le hasard

Dans son rapport de 19952, les fondateurs du PEAR dressent un historique des activités et résultats de leur laboratoire et résument ainsi leurs travaux3 : « Plusieurs millions d'essais expérimentaux destinés à étudier la capacité d'opérateurs humains à modifier le fonctionnement de différents générateurs (physiques) de nombres aléatoires ont montré de petites, mais statistiquement significatives, variations dans les distributions des nombres, corrélées avec l'intention de l'opérateur […]. Ces effets apparaissent comme statistiquement indépendants de la distance et du temps. […] Une approche basée sur une application métaphorique des concepts et formalismes quantiques a été développée pour modéliser les interactions conscience/environnement. Elle s'est révélée efficace pour prédire et interpréter les résultats empiriques et guider le développement d'expériences nouvelles ».

Transmutabilité énergie/information

Un autre passage de ce rapport (excellemment écrit) résume l'évolution de la conceptualisation de l'expérience physique : « La majorité de la science à ses débuts, égyptienne et grecque jusqu'à la Renaissance et le Siècle des Lumières, s'est focalisée sur le comportement de la substance tangible, ses propriétés mécaniques, chimiques et physiques. A mi-chemin du XIXème siècle et largement dans le XXème, le concept d'énergie, dans ses multiples formes – mécanique, électrique, thermique, nucléaire, etc. – est devenu plus central dans la quête scientifique et technologique. Plus récemment, au cours des dernières décades, une troisième unité physique, l'information, a pris le devant de la scène et dominera la science fondamentale, comme ses applications dans le futur. Superficiellement, ces trois domaines de la substance, l'énergie et l'information peuvent apparaître très différents, mais en fait, ils sont fongibles l'un dans l'autre et réciproquement, avec d'immenses conséquences. L'identification par Einstein de la transmutabilité de la matière et de l'énergie au sein du domaine nucléaire a impacté une large part de la physique du XXème siècle, et les implications technologiques, politiques et sociologiques peuvent difficilement être surestimées. Moins célébrée aujourd'hui, mais tout aussi clairement démontrable, il existe une transmutabilité similaire de l'énergie en information et vice versa, ainsi que le montre la chimie des liaisons, la thermodynamique statistique et la théorie de l'information. Bien que cette équivalence soit quelque part plus subtile, il se pourrait bien qu'une large part de la science et de ses applications au XXIème siècle en dépendent. »

1www.doublecause.net/index.php?page=billard.htm

2B. Dunne and R. Jahn. Consciousness and Anomalous Physical Phenomena (1995). PEAR Technical Note 95004, May 1995 (32 pages).

3Traduction de l'auteur.


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