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Parution août 2010 :

- Editions la Machotte
- ISBN : 978-2-919411-00-9
- 156 pages
- Prix public : 21,00 € (Acheter)
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22. Comment être plus heureux ? (chapitre 22 du livre Conscience, Intelligence, Libre-Arbitre ?", C. Touzet, 2010)


Nous avons vu au chapitre §4 qu'une synchronisation entre les activités neuronales générées par la situation et celles induites par la mémorisation réduit l'activation neuronale générale. A cette diminution d'activité est associée une sensation de paix, de sérénité, dont l'ampleur est inversement proportionnelle à l'activité neuronale résiduelle.

Pourquoi ? Comment ?

Rappelons-nous que dès qu'un neurone est excité, il mémorise cette événement. A chaque instant, des neurones sont excités dans notre cerveau. Tous les neurones actifs à un instant donné ne sont pas liés entre eux par la situation vécue, sauf en de rares occasions. Plus il y a de neurones actifs à un instant donnée, plus le souvenir lié à cet instant implique de neurones. Parmi tous les neurones actifs à cet instant, un grand nombre ne sont pas liés en fait avec la situation vécue (leur activation découle d'autres situations indépendantes). Ces neurones peuvent être considérés comme du « bruit ». Plus il y a de « bruit », plus il sera difficile de mémoriser correctement le souvenir de l'événement.

A l'inverse, en de rares occasions (les situations correspondant à des instants où il y a synchronisation), un nombre réduit de neurones sont actifs. Ils sont tous liés à la situation, ce qui facilitent de facto la mémorisation. Cette facilitation induit un biais dans notre mémorisation des situations vécues en privilégiant les situations de synergie entre notre vécu et nos attentes (qui sont mieux mémorisées). Un cercle vertueux qui s'installe : il est plus facile de mémoriser des moments de synergie entre vécu et attendu, du coup notre « attendu » devient des situations de synergie, que nous recherchons. Cette synergie – avec sa baisse d'activation neuronale associée – est ce que nous désignons sous le terme de bonheur, ou de bien-être.

Comment faire pour que l'ampleur de la sensation de bien-être soit la plus grande possible ?

Il y a deux moyens :

  1. Plus la synchronisation est « parfaite », moins il existe d'activités résiduelles et plus l'amplitude de la variation avant-après est grande. Comment obtenir une synchronisation parfaite ? En ayant des buts de vie qui soient atteignables et réalisables à 100 %.

  2. Plus le nombre de neurones impliqués dans la situation ou dans les buts est grand, plus la variation de l'amplitude avant-après sera grande. Comment garantir le plus grand nombre possible de neurones impliqués dans le codage d'un « but » ? Il suffit que ce but soit important pour vous, que vous y pensiez souvent. Chaque pensée concernant ce but ajoute des neurones à sa représentation.

En résumé : se fixer des buts auxquels nous tenons et qui puissent être réalisés à 100 % est une bonne stratégie pour être plus heureux. Ces buts doivent pouvoir être atteints le plus souvent possible (par exemple dans la journée), car c'est la réalisation du but qui est génératrice de bonheur et non pas la nature du but qui est atteint !


Notes de bas de page

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